INTERVIEW AVEC LE JUGE SORY MOUSSA STEPHANE(Fin)

 

juge SORY

1)       Quelles étaient vos missions au Sud Soudan ? A Bor, j’assumais les fonctions de Judicial Affairs Officer (Officier des Affaires Judiciaires). De façon globale, j’étais chargé de contrôler les détentions arbitraires ou prolongées dans les commissariats de police et les maisons d’arrêt, de superviser le déroulement des audiences pénales des tribunaux correctionnels et des tribunaux coutumiers à l’effet de s’assurer de procès rapides et équitables, d’organiser des séminaires et ateliers de formation à l’intention des magistrats, de la police et des agents de sécurité pénitentiaire.

2)       Les burkinabés en général et les magistrats en particulier sont portés vers des carrières hors de la magistrature ou l’international.Qu’est-ce que cela vous inspire ? Pendant longtemps, les burkinabé ont négligé le terrain de la fonction publique internationale alors que nous avons les compétences requises au même titre que les candidats des autres pays. Je pense que nos gouvernants ont une part de responsabilité pour n’avoir pas encouragé ou aidé nos compatriotes à intégrer cette fonction publique internationale. Sinon comment comprendre que certains pays, notamment le Ghana, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire ont une grande longueur d’avance sur nous. Comme vous l’avez dit, on note un regain d’intérêt de la part des burkinabé. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Je pense donc que c’est une bonne chose de s’intéresser aux fonctions internationales parce que ça permet non seulement de faire connaître votre pays mais surtout de résorber un tant soit peu le chômage. Et c’est ce que beaucoup de dirigeants de certains pays ont compris un peu plus tôt contrairement aux nôtres mus uniquement par leurs intérêts égoïstes. En plus de ces éléments positifs ci-dessus évoqués, une forte présence de vos ressortissants dans la fonction publique internationale contribue au développement du pays en raison des fortes rémunérations dont bénéficient les fonctionnaires internationaux. La plupart de ces fonctionnaires internationaux font de grosses réalisations au pays et c’est tant mieux.

3)       Comment faire pour intégrer les Nations Unies ? Pour être franc, il n’est si aisé d’intégrer les Nations Unies, c’est-à-dire acquérir la qualité de fonctionnaire des Nations Unies parce que pour une seule offre d’emploi, vous pouvez obtenir près de cinq mille candidatures qui viennent de tous les pays du monde. Cet état de fait exige d’abord que vous ayez un bon background et ensuite que vous soyez un peu chanceux. Il faut donc bien remplir avec le plus grand soin sa fiche PHP (Personal History Profile) et la mettre régulièrement à jour. Mais avant tout, il faut ouvrir un compte sur le site des Nations Unies dénommé Inspira.

4)       Quel est votre point de chute après votre retour de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud ? J’ai rejoint la Cour d’Appel de Ouagadougou où j’exerçais avant mon départ pour le Soudan du Sud. Je dois dire que je suis allé à la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud non pas en qualité de fonctionnaire des Nations Unies mais en tant que GPP (Government Personal Provided) c’est-à-dire comme détaché par mon Gouvernement auprès de cette mission. En termes clairs, c’est comme si c’est mon pays qui m’avait envoyé en mission à l’issue de ma désignation par le Département des Opérations de maintien de la Paix comme le candidat répondant au profil sollicité. J’encourage vivement mes compatriotes à postuler régulièrement et de ne pas se décourager même s’ils ne sont pas retenus.

5)       Vous êtes l’un des initiateurs du journal la plume du palais. Comment l’idée vous est venue et comment gérez-vous ce canard ? Nous avions constaté que chaque fois que nous nous trouvons entre collègues, nous menons des débats juridiques de haut niveau sur des questions de droit. Vu la pertinence des réponses et des réflexions menées par les uns et les autres, nous avions estimé qu’il serait plus intéressant de créer un journal où ces débats pourraient se mener plus sereinement et profiter à un large public. comme le dit l’adage, les paroles s’envolent, les écrits restent.Cette initiative a du reste été saluée non seulement par beaucoup d’acteurs du monde judiciaire mais aussi par beaucoup d’autres personnes même non juristes. Je pense donc notre objectif est atteint. Je saisis cette occasion pour inviter tous les acteurs du monde judiciaire (magistrats, avocats, greffiers, huissiers de justice, notaire ou officiers de police judiciaire) à rédiger des articles sur des sujets juridiques et à nous les transmettre. Nous nous ferons l’aimable plaisir à les publier dans la plume du palais.

La Plume du Palais

À propos

La Voix du Juriste est une start-up du type Legal tech, elle fait la promotion de l’accès à la Justice par l'information et les services juridiques.

Publié dans Actualité

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