La situation des populations des villages frontaliers du Burkina Faso et des communes périphériques (Première partie)

La question écrite du député Bendi Benoît OUOBA émise le 15 avril 2013 est relative à la situation des populations des villages frontaliers du Burkina Faso et des communes périphériques qui ne bénéficient pas de preuve matérielle de la souveraineté territoriale. La réponse du ministre de l’Administration territoriale et de la sécurité est datée du 07 juin 2013.

 

Question

 

député Bendi Benoît OUOBAMonsieur le ministre,

Le Burkina Faso qui n’a déjà pas une grande superficie perd souvent les procès qui l’opposent aux pays voisins devant la Cour International de Justice. Nous comprenons facilement que le tracé qui délimite un territoire qui a été supprimé et reconstitué après plus de 15 ans peut manquer de précision. Mais ce qui manque de précision est valable pour les deux pays. Ce qui fait la différence c’est l’attention portée aux populations qui habitent près des frontières.

Dans beaucoup de villages au Burkina Faso, il y a peu ou pas de preuves matérielles de souveraineté territoriale : pas d’écoles, pas de CSPS, les marchés sont sans aucune infrastructure leur permettant de se développer, pas de forages ou de puits à grands diamètres, et pour finir, parfois, pas même de chef de village reconnu par notre administration.

Monsieur le ministre, ne pensez-vous pas qu’il soit temps de s’occuper de tous ces villages frontaliers dont les populations ne se considèrent même plus comme des burkinabè et de ces communes périphériques dont les habitants ne peuvent pas capter la Radio nationale à plus forte raison la Télévision nationale?

 

Réponse

 

Ministre BOUGOUMALe Burkina Faso partage une frontière commune d’environ 3453 kilomètres avec 6 pays que sont les Républiques du Benin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali, du Niger et du Togo. Des treize régions qui composent notre pays, 10 sont frontalières à ces pays et comprennent 23 provinces, 72 départements/communes et 397 villages.

De façon plus précise, nous avons :

  • Les régions frontalières avec le Mali : la boucle du Mouhoun, les Cascades, les Hauts Bassins, le Nord et le Sahel ;
  • Les régions frontalières avec la Côte d’Ivoire : les Cascades, le Sud-Ouest ;
  • Les régions frontalières avec le Ghana : le Centre-Ouest, le Centre-Sud et le Sud-Ouest ;
  • Les régions frontalières avec le Bénin : l’Est ;
  • Les régions frontalières avec le Niger : l’Est et le Sahel ;
  • Les régions frontalières avec le Togo : le Centre-Est et l’Est.

De l’état des infrastructures socio-économiques culturelles et sportives de ces régions, il ressort ce qui suit :

En matière d’infrastructures éducatives et sanitaires, l’ensemble des villages frontaliers (397) dispose de 302 écoles primaires, soit au moins une école par village.

Les régions les mieux dotées sont les cascades (50 écoles pour 38 villages), les Hauts Bassins (35 écoles pour 28 villages) et le Sahel (62 écoles pour 64 villages.

Les régions ci-après présentent une situation pas reluisante : le Nord (5 écoles pour 20 villages), (21 écoles pour 79 villages).

Pour les logements d’enseignants, il ressort au total 55 logements pour 302 écoles. Quant aux établissements secondaires, 14 villages seulement disposent de 71 collèges d’enseignement général (CEG) qui existent dans les chefs-lieux de département.

Dans le domaine préscolaire, 3 villages dans les Cascades et dans le Sahel disposent d’une maternelle couramment appelée « Bissongo ». Pour ce qui est des infrastructures sanitaires, des centres de santé et de promotion sociale (CSPS) existent dans 56 villages frontaliers. Les régions du Sahel, des Cascades et des Hauts bassins sont les mieux dotées. Soit 11 villages sur 64 pour le Sahel, 9 sur 38 pour les Cascades et 8 sur 29 pour les Hauts Bassins.

A l’inverse, les villages frontaliers des régions du Nord (2 sur 20 villages), de l’Est (5 sur 36 villages) et du Sud-Ouest (3 sur 79 villages) en sont dépourvus.

Il convient de noter que le village de Ouarokuy dans la boucle du Mouhoun dispose d’un centre de santé transfrontalier qui est l’œuvre d’un projet de coopération transfrontière du Burkina et du Mali, sur financement de la coopération allemande à travers la GIZ. Quant aux infrastructures socio-économiques, elles sont au nombre de…

 

Dr Jérôme BOUGOUMA

Commandeur de l’Ordre national

À propos

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Publié dans Actualité

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