La situation des populations des villages frontaliers du Burkina Faso et des communes périphériques (deuxième partie)(

La question écrite du député Bendi Benoît OUOBA émise le 15 avril 2013 est relative à la situation des populations des villages frontaliers du Burkina Faso et des communes périphériques qui ne bénéficient pas de preuve matérielle de la souveraineté territoriale. La réponse du ministre de l’Administration territoriale et de la sécurité est datée du 07 juin 2013.

Question

Monsieur le ministre,

député Bendi Benoît OUOBALe Burkina Faso qui n’a déjà pas une grande superficie perd souvent les procès qui l’opposent aux pays voisins devant la Cour International de Justice. Nous comprenons facilement que le tracé qui délimite un territoire qui a été supprimé et reconstitué après plus de 15 ans peut manquer de précision. Mais ce qui manque de précision est valable pour les deux pays. Ce qui fait la différence c’est l’attention portée aux populations qui habitent près des frontières.

Dans beaucoup de villages au Burkina Faso, il y a peu ou pas de preuves matérielles de souveraineté territoriale : pas d’écoles, pas de CSPS, les marchés sont sans aucune infrastructure leur permettant de se développer, pas de forages ou de puits à grands diamètres, et pour finir, parfois, pas même de chef de village reconnu par notre administration.

Monsieur le ministre, ne pensez-vous pas qu’il soit temps de s’occuper de tous ces villages frontaliers dont les populations ne se considèrent même plus comme des burkinabè et de ces communes périphériques dont les habitants ne peuvent pas capter la Radio nationale à plus forte raison la Télévision nationale?

Réponse

Ministre BOUGOUMAIl convient de noter que le village de Ouarokuy dans la boucle du Mouhoun dispose d’un centre de santé transfrontalier qui est l’œuvre d’un projet de coopération transfrontière du Burkina et du Mali, sur financement de la coopération allemande à travers la GIZ. Quant aux infrastructures socio-économiques, elles sont au nombre de 40 réparties dans 27 villages frontaliers, soit 6,80%. Elles sont composées de magasins ou banques de céréales et d’intrants, de marchés non construits, de marchés à bétail, de gares routières, d’abattoirs, de parcs de vaccination, etc.

En termes de répartition, les régions de l’Est (12), du Centre-Sud (7), de la Boucle du Mouhoun (8) sont mieux dotées, tandis que celles du Nord et du Centre-Ouest en sont dépourvues.

Les infrastructures sociales se résument aux mosquées et églises. Il est dénombré 10 églises et une mosquée dans la région du Centre-Sud et une mosquée construite par les nigériens au Sahel.

Concernant les infrastructures hydrauliques, il est noté que les villages frontaliers disposent de 556 forages, de 26 puits à grand diamètre et 11 systèmes d’approvisionnement en eau portable simplifié(AEPS) et/ ou de barrages. L’on constate le nombre élevé de forages avec une répartition inégale dans les régions. La région des Cascades enregistre 150 forages pour 38 villages frontaliers, la Boucle du Mouhoun a 106 forages pour 83 villages, le Centre-Sud 34 pour 17 villages, l’Est 34 pour 36 villages, le Sahel 95 pour 64 villages et le Sud-Ouest 137 pour 79 villages. Les régions qui n’en disposent pas sont celles du Centre-Est, du Centre-Ouest, des Hauts Bassins et du Nord.

L’observation générale qui se dégage est que les localités frontalières ne sont pas bien dotées en infrastructures éducatives, sanitaires et socio-économiques de base. Longtemps considérées comme des zones à haut risque, ces espaces n’ont bénéficié d’aucun plan stratégique pour booster un développement.

Le renforcement de la présence de L’Etat dans les zones frontalières s’avère nécessaire. Cela se fera par l’élaboration d’une politique des frontières qui est un référentiel d’orientation et d’intervention politique du Gouvernement pour une gestion efficace et efficiente de nos frontières et sa mise en œuvre grâce à plan d’actions quinquennal. Cette politique prendra en compte tous les acteurs concernés et les questions liées à la gestion des frontières pour une gestion judicieuse de nos limites territoriales.

Par ailleurs, il sera créé une Commission nationale des frontières qui va répondre à une nécessité de disposer d’un organe spécifique, qui mettra en œuvre la vision du Gouvernement en matière de délimitation et de démarcation de nos frontières ainsi qu’en matière de coopération transfrontalière. C’est du reste une des recommandations de l’Union africaine, qui a invité tous les pays africains à se doter de cette structure.

 

Dr Jérôme BOUGOUMA

Commandeur de l’Ordre national

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