La sous-exploitation du port sec de Bobo-Dioulasso

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A travers une question écrite, le député Alfred S. TRAORE attire l’attention du Gouvernement le 15 avril 2013 sur la non mise en service total du port sec de Bobo-Dioulasso et sa sous-exploitation. Le ministre en charge du commerce, le 21 mai 2013, dans sa réponse à la question, reconnait que “les attributions de certains services déjà installés à Boborinter pourraient être améliorées”.

Question

Alfred TRAOREMonsieur le ministre,

La construction du port sec de Bobo-Dioulasso a été saluée par tous les opérateurs économiques de notre pays et même de pays voisins.

En effet, elle avait pour but de faciliter le dédouanement des marchandi- ses par une décentralisation des formalités administratives. Actuellement, le port sec connaît une fonctionnalité réduite du fait que tous les services n’y sont pas encore installés. Le gouvernement dispose-t-il d’un calen- drier de mise en service total de ce port sec ?

Réponse

Arthur KAFANDOEn rappel, il convient de noter que le projet de réaliser une gare routière moderne à Bobo-Dioulasso a été envisagé depuis les années 1980. Il traduit un besoin ressenti et une demande formulée par l’ensemble des partenaires économiques et sociaux. Ce projet qui a fait une large unanimité, a pour objectif principal de contribuer à améliorer les conditions de traitement du fret national et inter- national et de participer à la promotion des exportations.

De façon spécifique, le projet vise à :

  • doter la ville de Bobo-Dioulasso d’une infrastructure moderne pour le traitement, en un seul lieu, du flux du transport national et international de marchandises pour soutenir cette ville dans son rôle d’important carrefour d’échanges commerciaux reliant le Burkina Faso à plusieurs pays voisins tels la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali et le Niger;

  • sécuriser la circulation dans la ville de Bobo-Dioulasso en décongestionnant le trafic urbain actuellement saturé par les camions traversant la ville ou stationnant sur les voies;

  • réduire les fraudes et accroître les recettes douanières par une concentration du traitement du fret sous douane sur un site remplissant les conditions nécessaires à la sécurisation ;

  • participer à la diversification des corridors de désenclavement des régions de Bobo-Dioulasso et de Sikasso au Mali.

La première phase du projet a consisté à la réalisation d’une plateforme multimodale à proximité de l’aéroport et reliée à la route et au rail, d’un coût global de 7 milliards FCFA environ sur une superficie de 19 hectares extensibles à 40 hectares.

L’achèvement des travaux de construction est intervenu en décembre 2009. Quant à son inauguration, elle s’est effectuée le 22 janvier 2010 sous le Très Haut Patronage du Président du Faso avec la participation d’honorables députés de l’Assemblée nationale et de divers partenaires.

A ce jour, l’ensemble des services attendus à Boborinter (Port sec) y sont déjà installés. On pourrait citer entre autres:

  • le Bureau des douanes

  • la Chambre de commerce

  • le Conseil burkinabè des chargeurs (CBC)

  • la société COTECNA

  • le Laboratoire national de santé publique

  • le Terminal à conteneurs

  • les services d’inspection et de contrôle notamment les services vétérinaires et phytosanitaires

  • plusieurs maisons de transit (SDV/SNTB, SOTRACI, SATCI, ATT, TRANSCOM, CLASQUIN)

  • des armateurs comme MAERSK/DAMCO, GETMA, DELMAS

  • des organisations professionnelles telles l’OTRAF (Organisation des transporteurs routiers du Faso) et l’Union des chauffeurs routiers du Burkina (URCB);

  • diverses entreprises (industrie, sécurité, restauration et autre prestation de service).

Port secCependant, force est de reconnaître que les attributions de certains services déjà installés à Boborinter pourraient être améliorées. Il s’agit notamment de la Société COTECNA de Boborinter qui devrait avoir des pouvoirs plus larges pour lui permettre de prendre en charge entiè- rement et de façon autonome toutes les formalités d’ins- pection sur le site.

L’analyse des trois premières années (2010- 2013) d’exploitation indique que malgré les crises sociopolitiques dans la sous-région (d’abord la Côte d’Ivoire et ensuite le Mali), Boborinter a atteint des résultats satisfaisants. De 153 773 tonnes de marchandises traitées en 2009 sur l’ancien site Bobogare, la 1ère année d’exploitation de Boborinter a enregistré un volume global de 244 517 tonnes en 2010, soit une hausse de 59%.

En fin 2012, le trafic a atteint un volume de 407 204 tonnes soit un accroissement de 80% par rapport à 2010 et de 164,80% par rapport à 2009. En termes de prévisions pour l’année 2013, le volume global attendu est d’environ 500 000 tonnes de marchandises. S’agissant des recettes douanières, elles sont passées de 3 544 223 0914 FCFA en 2009 sur l’ancien site de Bobogare à 64 421 743 974 FCFA en 2012 sur    le    nouveau    site    de Boborinter, soit une hausse de 81,77% sur la période.

Au regard du volume actuel des activités et en vue de renforcer la sécurité du site, la CCI-BF s’est engagée à réaliser un bâtiment à Boborinter au profit du Peloton de sécurité et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) dont les travaux sont en cours de finition. Ces résultats encourageants ont conduit la CCI-BF à mener une première étude pour la réalisation d’investissements complémentaires à court et moyen termes à Boborinter afin d’optimiser son exploitation. Ces investissements complémentaires devraient permettre de transférer la totalité du fret ferroviaire à Boborinter par le prolongement des rails et la réalisation d’un nouvel entrepôt. La CCI-BF prépare également le lancement d’une étude sur la deuxième phase du Port sec qui conduirait probablement à l’aménagement d’une Zone d’activités diverses (ZAD).

L’objectif spécifique relatif à la décongestion du trafic urbain dans la ville de Bobo-Dioulasso en évitant sa traversée par les camions, connaît des résultats mitigés qui s’expliquent en partie par la non réalisation de la rocade Sud devant faciliter l’accès à Boborinter. De ce fait, les camions de marchandises traversent fréquemment la ville et d’aucuns pourraient penser à un transfert non satisfaisant des activités sur le site de Boborinter. Dans le projet, il est prévu que la réalisation de la rocade Sud soit faite par le Gouvernement pour faciliter l’accès à la plateforme. Tels sont les éléments de réponse relatifs à la question sur le port sec de Bobo-Dioulasso que j’ai l’honneur de porter à votre connaissance.

Patiendé Arthur KAFANDO

Officier de l’Ordre national

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