Déphasage des programmes scolaires par rapport au contexte burkinabè (Première partie)

//

La question écrite du député Alexandre J. SANKARA est relative à «l’élaboration d’un programme scolaire vérita- blement burkinabè». En date du 28 mai 2013, le ministre délégué chargé de l’alphabétisation, dans sa réponse écrite, convient que «les contenus des programmes scolaires sont dépassés et nécessitent une réécriture pour les mettre en phase avec les finalités actuelles du système éducatif.»

Question

SANKARA  J. AlexandreMadame la ministre,

Pourquoi continue-t-on 50 ans après l’indépendance du Burkina Faso, à enseigner aux enfants que la préhistoire est la période qui s’étale depuis l’apparition de l’homme sur terre jusqu’à l’invention de l’écriture ? Ce qui est une absurdité. A quand l’élaboration de programme scolaire véritablement burkinabè ?

 

 

 

Réponse

Ministre DickoJe suis entièrement d’avis avec l’honorable député que les contenus des programmes scolaires sont dépassés et nécessitent une réécriture pour les mettre en phase avec les finalités actuelles du système éducatif. A ce propos, le Burkina Faso a entrepris plusieurs réformes depuis les indépendances de 1960, mais toutes n’ont pas abouti.

Ainsi, les premiers programmes après les indépendances furent ceux de 1962, présentés sous la forme d’une liste de contenus qui ne fixaient pas de façon explicite, les finalités, buts et objectifs de l’école, encore moins les orientations pédagogiques, laissant ainsi chaque enseignant bâtir son cours en fonction de son niveau de compétence.

Ce fut ensuite la réforme CRESPIN en 1967 qui, elle, visait la pratique effective des activités de production à l’école, à travers la « ruralisation » de l’école élémentaire.

L’option politique étant de préparer les élèves à s’insérer dans la société agricole dont ils sont issus. Mais face aux multiples entraves rencontrées, cette réforme ne connut pas de succès et fut abandonnée.

La réforme de 1979 qui a suivi s’était fixé trois objectifs fondamentaux, à savoir: la démocratisation de l’école, la liaison entre éducation et production et la revalorisation de la culture nationale par l’introduction des langues nationales comme langues d’enseignement dans les écoles. Pour des raisons idéologiques et politiques parmi tant d’autres, cette réforme fut abrogée par le Conseil national de la Révolution (CNR) en septembre 1984, sans même avoir été évaluée systématiquement alors qu’elle était prévue pour être généralisée au cours de cette même année. surtout En 1984, la Révolution démocratique et Populaire (RDP)

lance une nouvelle réflexion pour une nouvelle réforme

censée remplacer celle de 1979 qui a été stoppée. Un projet de réforme dénommée «l’école révolutionnaire burkinabè» qui prônait un changement radical par rapport au système en vigueur est alors élaboré en 1986, mais il a d’emblée rencontré une forte opposition des syndicats et des structures politico-administratives, notamment le Conseil révolutionnaire économique et social (CRES) et la Conférence des commissions du Peuple chargées du secteur ministériel (CCPM). Elle sera à son tour annulée en septembre 1986.

Enfin, les programmes de 1989, toujours en vigueur, ont été construits selon l’approche de la pédagogie par objectifs (PPO). Ils visaient surtout l’efficacité de l’action pédagogique par la détermination explicite d’objectifs généraux et spécifiques ainsi que l’application d’une évaluation critériée des apprentissages.

De ce qui précède, l’on retiendra que l’école primaire au Burkina Faso a connu deux types de programmes officiels depuis l’indépendance: les horaires et programmes de 1962 à

entrée par les contenus, et les programmes de 1989- 1990 actuellement dans les classes construits selon l’approche de la pédagogie par objectifs (PPO).

Bref, les programmes étant l’expression d’une éducation nationale qui se doit de garantir l’homogénéité des connaissances transmises par les enseignants et ce faisant, la transmission d’une culture commune, ils doivent faire l’objet d’une actualisation et d’une réécriture périodiques. Cela se fait en fonction de l’évolution des savoirs fonda- mentaux qui eux- mêmes se transforment et surtout des finalités que l’on assigne aux divers degrés du système éducatif, c’est-à-dire des choix effectués sur ce qui est bon de transmettre à la jeune génération selon ses besoins et aspirations. En raison même de leur importance, l’élabora- tion des programmes requiert non seulement un travail technique de haut niveau, mais aussi et surtout une large consultation nationale pour être adoptés.

Suite aux recommandations des Etats généraux de l’Education (1996)…

Amadou Diemdioda DICKO

Officier de l’Ordre national

Recherche personnalisée
À propos

La Voix du Juriste est une start-up du type Legal tech, elle fait la promotion de l’accès à la Justice par l'information et les services juridiques.

Tagged with: , , ,
Publié dans Actualité

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Conseil Juridique

Entrez votre adresse mail pour suivre ce site et être notifié par email des nouvelles publications.

Rejoignez 4 721 autres abonnés

Suivez-nous sur Twitter
%d blogueurs aiment cette page :