Les pompiers de dernières minutes

MAQUETTE JPZ 24/01/2012Le rapport sur la paix et la sécurité dans l’espace CEDEAO de juin 2014 etait formel sur les risques de trouble pouvant découler d’une tentative de modification de la constitution. Les experts parviennent à cette conclusion et nous citons : « La situation au Burkina Faso interpelle non seulement les dirigeants et responsables politiques burkinabè, mais aussi ceux d’Afrique de l’Ouest et de l’ensemble du continent. Les débats autour de projets de modifications constitutionnelles sont généralement sources de tensions sociopolitiques et représentent des facteurs d’instabilité… »

A l’issue de cette conclusion, des recommandations sont faites et on apprend que La CEDEAO et l’UA, notamment à travers leurs Conseils des sages, devraient déployer des missions d’information ou de bons offices.

Ensuite La CEDEAO et l’UA devaient également rappeler aux acteurs politiques burkinabè la nécessité de respecter les textes régionaux et continentaux en vigueur en matière de démocratie et de bonne gouvernance. Si les recommandations 2 et 3 n’ont pas connu un début d’application, on peut se demander les raisons?

La 4e recommandation est la plus surprenante, car l’éventualité de la modification était envisagée, on peut lire: « En cas d’organisation du référendum sur la modification de l’article 37 de la Constitution, la CEDEAO, l’UA et les autres partenaires internationaux du Burkina Faso devront veiller à la tenue d’une consultation crédible, libre, transparente et apaisée, afin de réduire les risques de tensions et de violence.

En d’autres termes, ces organisations consentiraient volontiers que Blaise COMPAORE viole les instruments internationaux auxquels le Burkina est partie prenante, nous assistons là à une complaisance et une complicité flagrante de la CEDEAO et l’UA à cette forfaiture. Pourtant ces derniers jours, elles n’hésitent pas à afficher une certaine intransigeance envers les militaires au pouvoir, brandissant même la menace de la sanction, toute chose dont on pouvait faire l’économie si ces organisations avaient usé d’une telle fermeté envers l’ex-Président.

Notre position est celle du peuple Burkinabè, à savoir que la transition doit être géré par des civils, mais CEDEAO et l’UA ne doivent pas trouver là une occasion pour s’imposer comme l’acteur providentiel qui aurait trouvé des solutions à la crise au Burkina.

Nous pensons que si ces organisations veulent jouer les pompiers, elle doivent s’intéresser aux pays dont la paix et la sécurité sont menacées, car notre parlement est déjà en cendre, ils seront plus utiles à ces pays qu’au Burkina Faso. Nous continuons de penser que la CEDEAO et l’UA restent un club de présidents africains, défendant les intérêts de leurs membres. Elles gagneraient de la crédulité, si elles étaient à l’écoute des populations africaines qui aspirent à la démocratie, la bonne gouvernance et au développement. On comprend mal qu’un rapport de cette qualité soit resté lettre morte. Nous savons que le Burkina ne peut avancer sans la communauté internationale, mais doit le faire avec ses amis, ceux qui défendent ces intérêts et à ce titre, nous félicitons les États-Unis, qui très tôt ont dissuadé Blaise COMPAORE de ne pas modifier la Constitution.

le Directeur de Publication
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Publié dans Actualité

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