Les oubliées de la révolution Burkinabè

les femmes du BurkinaLa révolution populaire du 30 octobre a-t-elle oublié ses héroïnes ? La question mérite bien d’être posée, surtout à l’heure du bilan, l’ensemble des organes de la transition ayant été constitué. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, jugez avec nous, moins de 30% de femmes au Gouvernement et plus précisément 15,38% des ministres. Le Conseil National de Transition (CNT) qui est l’assemblée du peuple, celle qui est censé être le miroir de la société, déçoit davantage, nous avons une représentativité des femmes de l’ordre de 12,22% des membres, une image tronquée de la société burkinabè. Nous précisons que le décompte au niveau des membres du CNT a été fait sur la base des noms à connotation féminine et même si des erreurs pourraient subvenir, elles ne bouleverseront pas les données. Ici, il n’est pas question d’une représentation sociale stricte où les femmes constituant plus de la majorité de la population burkinabè seraient dominantes dans les différents organes de la transition, mais il s’agit plutôt d’une meilleur représentativité des femmes visant à assurer une participation plus importante de cette couche à la gestion du pouvoir. Si le régime précédant à veiller à assurer une protection et une meilleure représentativité des femmes à travers un ensemble d’instruments juridiques, nous avons le devoir d’en assurer l’effectivité. Le préambule de la Constitution en ces termes les femmes du Burkina 1: « reconnaissant que la promotion du genre est un facteur de réalisation de l’égalité de droit entre hommes et femmes au Burkina Faso » rappelle l’impérieuse nécessité de prendre en compte l’égalité de droit entre hommes et femmes dans les sphères de décisions afin de parvenir à une société plus juste, en phase avec les valeurs d’humanité. S’il faut le rappeler, les femmes ont été de tous les combats qui ont conduit au départ de Blaise COMPAORE. Déjà le 27 octobre 2014, elles avaient battu le pavé pour demander le retrait du projet de modification de la Constitution. Le message était clair : « Femmes, actrices à part entière du changement et du développement d’une Nation » ; une responsabilité assumée pleinement. On a dû mal à comprendre qu’elles soient le parent pauvre, les oubliées de cette transition. Pour nous, il ne s’agit pas de récompenser les femmes, mais de leur permettre de jouer un rôle plus important comme force de proposition. L’argument de la compétence ne saurait être évoqué, car des femmes compétentes, le pays en dispose. Si une chose est en train de nous échapper, c’est bien la révolution des pensées, plus importante que la révolution conduisant au départ des individus, c’est elle qui transforme les sociétés en profondeur et marque la fin d’une époque et le commencement d’une autre ; sans quoi, le changement tant espéré n’aura pas lieu.

Le Directeur de Publication

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