Attention à la justice des vainqueurs!

GouvernementLes enjeux majeurs de la transition sont la Justice pénale et la reconstruction politique, deux objectifs apparemment opposés et qui causent beaucoup de difficultés aux autorités de la transition. Depuis la chute de l’ancien Président de Faso, les nouvelles autorités ont pris bon nombre de mesures et pas des moindres, des décisions avec des impacts graves sur la configuration institutionnelle et politique de notre pays. La pression populaire a eu raison des autorités politiques qui multiplient les violations des textes juridiques. On se souviendra des décisions relatives à la dissolution des collectivités locales, des décisions manifestement illégales.

Si une amélioration peut-être constatée dans l’adoption des décisions, notamment dans ses aspects formels, certaines décisions manquent de fondement juridique clair. Les dernières décisions en sont l’illustration parfaite de mesures incompréhensives et contradictoires avec la rupture censée incarner par le Gouvernement. Le Gouvernement doit faire le tri des propositions émanant de la demande sociale, parce que plus éclairé que la masse. Les populations peuvent formuler de multiples demandes, ce qui est d’autant légitime, mais il revient aux autorités de veiller à ce que les libertés fondamentales et les valeurs démocratiques soient sauvegardées. En dehors du fait que les mesures soient mal fondées en droit, ces décisions sont mauvaises en ce sens qu’elles déséquilibrent le jeu politique. L’ex majorité, aujourd’hui de l’opposition est utile pour l’encrage du jeu démocratique, car instaurant le débat contradictoire et garantissant le pluralisme d’opinion au Burkina Faso.

Nous n’appelons pas à l’impunité, mais rappelons que qu’on ne peut combattre l’injustice par une autre injustice. Si la suspension de la FEDAP/BC pourrait se justifier, celle du CDP et de l’ADF-RDA viole les libertés fondamentales protégées par la Constitution burkinabè. La sanction ne doit pas se déporter sur la personne morale, mais sur les personnes physiques, individuellement ou collectivement prises, pour leur responsabilité dans la situation ayant conduit à l’insurrection populaire du 30 et 31 octobre2014. Un responsable politique est déjà détenu pour des propos incitant à la violence, on se surprend de voir que son parti subi une sanction pour le même motif. Aucune peur, ni aucune sollicitation ne peut conduire à une transgression des droits fondamentaux, ce qui constitue un recul démocratique. La transition doit avoir pour mission la réparation des injustices et la définition des bases d’une société plus juste et plus équitable. De telles décisions peuvent ternir l’image et les objectifs de la transition et peuvent servir d’arguments aux ennemis de la révolution burkinabè. Tous les regards sont tournés vers la justice, encore faut-il que les parties elles-mêmes aient le courage d’intenter une action dans un tel climat.

le Directeur de Publication

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