DECLARATION LIMINAIRE DE LA COALITION DES OSC POUR LA CONTRIBUTION ET LE SUIVI DE LA TRANSITION

Le vendredi 26 décembre 2014, les organisations de la société civile se sont réunies afin de progresser dans leur structuration de cette composante, au regard de ses missions. Les participants ont étudié le projet de charte de la coalition et planifié une feuille de route de leur implication dans la transition.

Lors de la conférence de presseL’ACTION DE LA COALITION

La coalition naissante entend travailler à l’émergence d’une plate-forme la plus large possible des forces citoyennes qui va accompagner la transition en jouant les rôles de (1) veille sur les principes démocratiques, de (2) protection des droits des citoyens par le suivi quotidien de la transition et (3) de contribution aux réformes pour une nouvelle société de justice, démocratique et de progrès.

La coalition lancée le 3 décembre 2014 va proposer les points de vue des citoyens et de la société civile aux organes de la transition en vue de faire de cette transition un processus participatif qui instaurera une paix durable. Cette action inclut la mise en place d’un cadre juridique et opérationnel améliorés pour des élections démocratiques crédibles, et la couverture systématique du territoire pour l’observation indépendante des élections.

Le soulèvement populaire du 30 octobre 2014 et la transition politique qui s’en est suivie ont créé un contexte nouveau qui permet d’envisager le futur d’une manière différente. Les burkinabé sont déterminés à changer leur cadre de vie et surtout à ne plus se laisser enfermer par qui que ce soit dans leur aspiration légitime à des meilleures conditions d’existence.

Le mot d’ordre « plus rien ne sera comme avant » doit être pris à la lettre par les citoyens. Il ne s’agit pas que quelqu’un vienne changer les choses à leur place. Il appartient à chaque citoyen burkinabé de défendre ses droits, car, désormais, l’impunité ne passera plus. De même, la société civile qui a beaucoup souffert de l’ancien régime, ne se laissera plus manipuler par les pouvoirs publics qui imposaient qui ils voulaient comme société civile. Les rôles des acteurs sont dorénavant clairs. Que chaque composante reste dans son terrain de jeu. En cas de consultation, que les autorités s’adressent aux acteurs légitimes de la société civile, au lieu de passer par des individus qui ne représentent qu’eux-mêmes. Cette façon de faire limitera les conflits entre le pouvoir et la société civile.

Après la mise en place des organes de la transition, les acteurs qui ont été actifs dans l’avènement du soulèvement populaire semblent avoir trouvé leur compte et se sont désintéressés des grandes questions de l’heure. Le débat public s’est déporté dans les quartiers et sur les réseaux sociaux. Les activistes de la société civile restent conscient de leur mission de vigilance pour la démocratie et la bonne gouvernance.

L’esprit de la coalition est d’influencer le cours de la transition afin de garantir l’équité du processus et que des germes de conflits ne soient pas semés pendant cette transition. Elle réfléchira prospectivement et agira fermement en toute transparence et impartialité. En vue de jouer son rôle de défenseur des droits humains dans la transition, la coalition collectera les cas de violation et tiendra une fois par mois et chaque fois que du besoin, à partir du 10 janvier 2015, un point de presse d’interpellation.

ELEMENTS DE SUIVI DE LA TRANSITIONSiaka COULIBALY

Durant les semaines passées, les membres de la coalition ont observé l’évolution de la transition. Pendant les travaux de la présente rencontre, ils ont planché sur la situation politique et, sur cette base, adressent des interpellations à certains acteurs.

INTERPELLATIONS

Aux autorités de la transition :

  • Affaire Minoungou Ben Youssouf. Lors du soulèvement populaire du 30 octobre 2014, pendant qu’en tant que journaliste d’investigation, ancien collaborateur de Norbert Zongo à l’Indépendant, notre camarade Minoungou Ben Youssouf a été attaqué et violemment agressé par trois éléments du Régiment de Sécurité Présidentiel qui ont retiré son passeport et sa tablette. Il garde jusqu’aujourd’hui et malgré des soins, les séquelles physiques de cette agression. Nous demandons au Premier Ministre Zida d’investiguer sur cette affaire afin que ses biens lui soient restitués et qu’il bénéficie d’une juste indemnisation.
  • Le respect de l’éthique. Au regard des révélations du Reporter N°156 du 15 décembre 2014 qui n’ont pas été démenties, le Président de la transition devrait veiller à respecter l’éthique de l’action publique consignée dans les valeurs de la Charte de la transition, en ne gardant pas au sein du gouvernement des personnalités qui ont d’aussi lourdes charges contre elles comme monsieur Dieguimdé.
  • L’Agenda de la transition. La transition politique est à son deuxième mois et les citoyens et les observateurs n’ont toujours pas de visibilité quant à l’agenda de la transition, et en particulier sur le calendrier des élections qui vont permettre de sortir de la transition. Si les élections générales autour de novembre 2015 sont une balise évidente, elles doivent avant tout permettre de passer d’une situation socio-politique donnée, celle qui a été refusée par le peuple le 30 octobre 2014, à une situation nouvelle, qualitativement meilleure. Pour cela, nous sommes obligés de contredire ceux (Michel Kafando à Dédougou le 11 décembre) qui pensent que la transition doit seulement servir à organiser les élections. Cette interpellation n’a aucun caractère politique. La coalition de la société civile mène là une action de prévention des conflits. Si la transition sert uniquement à remplacer des exploiteurs par d’autres groupes qui n’ont de programme que leur seul développement personnel, alors il y aura d’autres maisons brûlées très bientôt. La transition doit, pour cela, servir à opérer des réformes profondes, dont le but est de garantir la stabilité durable, au profit de tous les burkinabé.

Harouna KABORE

  • Le calendrier des élections. Séparer la tenue des différentes prochaines élections, comme le suggère la CENI, nous semble inutile et budgétivore. Nous pensons que seul le référendum pourrait être détaché des autres élections pour garder le symbolisme de sa date. Les autres élections (présidentielle, législatives et municipales) pourront être organisées, une semaine plus tard, le même jour, pour faciliter les opérations et les rendre moins couteuses,
  • Il est temps de passer à une CENI professionnelle parce que l’actuelle équipe ne dispose plus de la légitimité ni de la crédibilité nécessaires : pour organiser des élections crédibles (non existence des catégories majorité et opposition),
  • Lançons un appel au Conseil Constitutionnel à délibérer sur la réquête concernant les membres du CNT formulée au titre du contentieux de la désignation des membres du CNT.

Aux partis politiques

  • La réorganisation d’un front des partis politiques et des Forces Vives pour assurer la concertation autour des réformes, afin qu’il n’y ait pas de déficit participatif dans ces réformes, et pour prévenir les conflits

Au Peuple Burkinabé

  • Le passage à la cinquième république se présente comme une nécessité, en vue de corriger les erreurs du passé et donner à notre pays le cadre juridique et institutionnel d’une démocratie et d’un Etat de droit conforme aux aspirations du peuple envers la justice, la démocratie au plan politique et l’égalité des chances au niveau économique.

Fait à Ouagadougou le 26 décembre 2014

La Coalition

À propos

La Voix du Juriste est une start-up du type Legal tech, elle fait la promotion de l’accès à la Justice par l'information et les services juridiques.

Publié dans Actualité

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