Création d’un pôle de croissance dans les provinces de la Comoé, de la Léraba et du Kénédougou (Première partie)

A travers une question écrite, le député Léonce KONE attire l’attention du gouvernement le 6 novembre 2013 sur l’opportunité de l’érection d’un pôle de croissance dans les provinces de la Comoé, de la Léraba et du Kénédougou. Dans sa réponse en date du 6 février 2014, le ministre de l’économie et des finances souligne qu’au delà de l’échéance 2015, le gouvernement envisage la mise en route de nouvelles zones de pôles de croissance et qu’à l’occasion la réflexion couvrira la zone constituée des provinces de la Comoé, de la Léraba et Kénédougou au regard de son potentiel de développement fort appréciable.

Question

Léonce KONEMonsieur le Ministre,

Le gouvernement du Burkina Faso a fait le choix judicieux d’ériger des « pôles de croissance » dans certaines zones du pays, disposant d’avantages économiques comparatifs, pour tirer le meilleur parti de leur environnement favorable, en dotant les localités concernées des infrastructures et des services nécessaires pour accélérer la dynamique de leur développement.

Les projets de « pôles de croissance »conçus à partir des grands barrages de Samendéni et de Bagré ont valeur d’exemple, à cet égard, et tout porte à croire qu’ils répondront pleinement à leur vocation. Dans le même sens, l’option prise par le gouvernement de créer des «pôles de croissance» dans certaines zones minières, est tout à fait pertinente.

C’est dans le même esprit que je soumets à votre appréciation la question de la création d’un « pôle de croissance » destiné à promouvoir le développement des provinces mitoyennes de la Comoé, de la Léraba et du Kénédougou, qui constituent une zone

relativement homogène, bénéficiant d’atouts économiques indéniables, dont la mise en valeur profiterait à l’ensemble du pays.Cette zone, qui recèle près de 1 200 000 hectares de terres cultivables, bénéficie habituellement des meilleurs taux de pluviométrie du pays. Elle dispose, en outre, de barrages de bonne capacité, quoique insuffisamment valorisés: Douna

50 millions de m3, Comoé 40 millions de m3,Toussiana 7 millions de m3, Lobi/Bodadiougou 5 millions de m3.

La Région des Cascades (connue jadis comme le «grenier du Burkina») et la province du Kénédougou (qui continue de justifier son appellation de «verger du Burkina») disposent, à l’évidence, d’un bon potentiel pour le développement de l’agriculture pluviale et irriguée. Or la part de l’agriculture dans le PIB de cette zone a marqué une régression notable au cours de la dernière décennie. D’où l’urgence de mettre en oeuvre un programme de relance et de modernisation de ce secteur. La région présente aussi des atouts en matière d’élevage : abondance relative des points d’eau et des aires de pâturage, position géographique aux frontières de la Côte d’Ivoire et du Mali. Elle apparaît désormais comme une zone de transhumance pour les animaux provenant des autres localités du pays. Il est donc possible et souhaitable d’y développer un élevage plus productif.

Des potentialités prometteuses existent dans les domaines de la pêche, de l’artisanat, du tourisme, de l’exploitation des bois d’oeuvre, de la collecte et de la transformation de divers produits forestiers non ligneux : jus de fruits, amendes de karité, fruits de baobab, de tamarinier, etc. Le tissu industriel de la région, quoique stagnant, comprend des unités agroalimentaires

et textiles, dont certaines figurent parmi les plus importantes du pays : SN-SOSUCO, SOFITEX, Minoteries du Faso, DAFANI.

L’évolution de ce secteur est marquée par un accroissement de la création de PME intervenant dans le domaine agroalimentaire. Cette tendance est accompagnée par l’ouverture d’agences par presque toutes les banques du pays. Ces conditions générales, à la fois précaires et plus favorables que dans le reste du pays, font que la région connaît un fort taux d’immigration en provenance, principalement, du Plateau Central et du Sud-Ouest.

Considérant le potentiel de développement indéniable dont disposent les provinces de la Comoé, de la Léraba et du Kénédougou, à quelle échéance et sous quelles modalités le gouvernement pourrait-il envisager d’ériger cette zone en «pôle de croissance» ?

Je vous prie de bien vouloir agréer, monsieur le ministre, l’expression de ma haute considération.

Réponse

Honorable député,Le ministre Lucien Marie Noël BEMBAMBA

Avant de répondre à la question de l’honorable Léonce KONE, il me paraît nécessaire de rappeler les raisons qui ont sous-tendu l’option pour les pôles de croissance. L’option pour les pôles de croissance dans la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) et le Programme présidentiel vise à réduire significativement la pauvreté, par le développement des capacités productives de l’économie burkinabè ; en tirant leçon de l’insuffisance de la croissance (5,2% sur la décennie 2000) pour à la fois absorber le croît démographique de 3,1% et permettre l’amélioration significative du

revenu par habitant. Aussi, le gouvernement s’est-il fixé pour objectif de parvenir à une croissance moyenne de 10% sur la période 2011-2015.

Par ailleurs, à l’analyse il ressort que de nombreuses potentialités nationales restent peu valorisées. C’est le cas du capital terre dont l’exploitation à l’aide de moyens rudimentaires en situation de faible maitrise de l’eau ne permet pas d’optimiser son rendement.

Toute chose mettant en exergue l’existence d’espaces de croissance à exploiter pour atteindre l’objectif d’une progression moyenne de 10%. Pour ce faire, l’approche pôle de croissance se présente comme un instrument à gain rapide par excellence.

Un pôle de croissance est un espace géographique délimité disposant d’atouts de développement et où ont été réalisées d’importantes infrastructures en vue d’offrir un cadre favorable à l’éclosion d’activités économiques structurantes à même de booster la croissance et d’avoir des effets d’entraînement sur le reste de l’économie nationale.

Dans ce sens, une étude réalisée par le CAPES a mis en évidence l’existence d’importantes potentialités dans les différentes régions du Burkina Faso pour développer des pôles de compétitivités. Ainsi, dans les régions des Cascades et des Hauts-Bassins, il existe des terres riches pour le développement d’une activité agricole intensive, de même que des potentialités

touristiques importantes, l’existence d’une industrie agro-alimentaire et la position géographique frontalière sont autant de raisons qui pourraient militer en faveur du développement de pôles de compétitivité dans cette partie du pays…

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Publié dans Droit

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