Etat de l’évolution des droits des femmes au Burkina Faso

terdav imagesCet article est un bref aperçu de l’histoire des droits des femmes au Burkina Faso. Comment à évoluer la situation juridique de la femme ? Cette évolution peut s’observer sur trois périodes : la période précoloniale, la colonisation et celle postcoloniale.

Pendant la période précoloniale, ce sont les us et coutumes qui définissaient le statut juridique des femmes. Cette période est l’inverse de celle que connaissent les femmes en 2016 : les droits politiques des femmes étaient plus affirmés et le leadership reconnu et salué, les cas de la Princesse YENNEGA et de GUIBI Ouattara illustre bien cet état de fait. Par contre les droits économiques étaient moins favorables, car le droit de succession et le droit de propriété foncière étaient méconnus.

Sous la colonisation et en ce qui concerne les droits civique et politique, L’accès au suffrage restait limité, pour les deux sexes, du fait de l’existence du double collège, sauf au Sénégal.  Le parlement français se contentait d’élargir le corps électoral en 1947 et 1951. Cette dernière mesure mentionnait spécifiquement une catégorie de femmes, à savoir « les mères de deux enfants vivants ou morts pour la France » : c’est donc leur qualité de reproductrices qui leur valait ce privilège, touchant théoriquement la majorité des femmes d’Afrique. A cette période, le statut juridique de la femme burkinabè était le même que celui des femmes des autres colonies françaises.

Enfin, après l’accession à la souveraineté internationale, Le Burkina Faso a ratifié plusieurs conventions internationales et régionales, mais celles-ci ne traitaient pas de façon spécifique la cause des femmes. A ce titre, nous pouvons citer la déclaration universelle des droits de l’homme, le pacte international sur les droits civil et politiques ainsi que la charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Des conventions spécifiques aux femmes, comme la convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme viendront étoffer le corpus existant. C’est en septembre 2006 que le protocole de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme sera ratifié. Cette dernière convention régionale, spécifique à l’Afrique, peut être considérée comme celle qui résume l’ensemble des préoccupations des femmes africaines, relativement à leur éducation, santé, leur bien-être social, économique et politique. Mais bien avant cette date, le combat pour l’émancipation des femmes avait déjà commencé. La période révolutionnaire a été celle qui a le plus contribuée à l’émergence d’une conscience collective vis-à-vis de la condition de la femme. Un ministère de l’action féminine sera créé ainsi que l’union nationale des femmes du Burkina Faso. On assistera à une entrée timide mais remarquable de plusieurs femmes dans le gouvernement. Malheureusement, la période révolutionnaire, malgré son mérité était une période d’exception et si la volonté politique d’aider les femmes à s’émanciper existait en acte, le droit cependant leur faisait défaut.

La constitution du 02 juin 1992 marque l’avènement de la quatrième république et le retour à l’état de droit ; cette constitution dans son préambule réaffirme l’attachement du Burkina Faso aux valeurs universelles des droits de l’homme.

Les gouvernements successifs vont manifester une volonté politique de prendre en compte les femmes dans la gestion des affaires publiques par une augmentation progressive du nombre de femme dans le gouvernement, la nomination des femmes à de haute fonction. Le gouvernement a poursuivi ses efforts à travers l’adoption d’une loi spécifique contre les mutilations génitales féminine en 1996, l’adoption d’une politique nationale genre en 2009 et l’adoption de la loi sur le quota genre en 2010.

Quel bilan peut-on établir en 2016 ? Si l’arsenal juridique s’est renforcé au fil des années après la colonisation, cependant la condition de la femme n’a pas beaucoup évolué sur le plan politique. A l’issue des élections de novembre 2015, seules 12 femmes ont réussi à se faire élire à l’assemblée nationale soit 9,45% et 7 nommées au Gouvernement, soit 24,13%. Ces chiffres en disent long sur la mise en œuvre et l’effectivité des acquis normatifs et quelle orientation devrait être donnée à la célébration du 8 mars. En conclusion, on peut remarquer que le chemin est encore long, la victoire permanemment recherchée est de mise et par conséquent, la fête reportée à plus tard.

La rédaction

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Publié dans Droit

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