INTERVIEW


INTERVIEW DU PREMIER PRESIDENT DE LA COUR DES COMPTES

Sa nomination a surpris plus d’un, un non-juriste Président de la plus haute juridiction de contrôle des finances. Ce Financier, pur produit de l’administration burkinabè a gravi tous les échelons pour se hisser à la tête de la Cour des Comptes du BURKINA FASO. Travailleur acharné, persévérant, patient… on ne manque pas de qualificatif pour décrire les traits de sa personnalité. Découvrez le parcours exceptionnel de cet homme et les projets qu’il nourrit pour son Institution!

PCC

  1. Quel a été votre parcours scolaire et académique ?

Je me nomme Noumoutié Herbert TRAORE, premier Président de la cour des comptes du BURKINA FASO.

Je suis né le 20 mars 1959 à Mahon dans la province du Kénédougou dont le chef-lieu est Orodara. Inscris au CP1 en 1965, j’ai fait le primaire à l’école de Mahon, j’ai ensuite rejoins le CEG de Banfora où j’ai fait le premier cycle et enfin c’est au lycée Ouézzin COULIBALLY de Bobo Dioulassoque j’obtiendrai mon bac en 1982. Quand j’obtenais mon Bac, j’étais frappé par la limite d’âge pour la bourse nationale qui était à l’époque de 23 ans. Néanmoins, j’ai obtenu une bourse soviétique, mais avec les conseils des parents et amis, j’ai opté de faire le concours d’entrée au centre de formation professionnelle du Trésor et c’est de là, après trois ans de service au Ministère des finances, que je suis allé à l’ENAM (l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature) pour le cycle B sur la base du Bac. Juste après, je suis retourné travailler au Ministère des finances avant de rentrer au cycle A de l’ENAREF (Ecole Nationale des Régies financières) en 1993 d’où je suis sorti, avec le diplôme d’administrateur des services financiers.

2. Parlez-nous de votre carrière professionnelle ?

J’ai intégré la fonction publique en mai 1984 après ma formation de deux ans et nanti de l’Attestation du centre de formation professionnelle du Ministère des finances à Ouagadougou.

En Octobre 1987, je suis retourné à l’ENAM pour le cycle B d’où je suis sorti en 1989 avec le brevet de l’école nationale d’administration pour réintégrer le Ministère des finances. Ainsi, j’ai été contrôleur financier dans la province du Poni à Gaoua de 1990 à 1993.

En février 1993, je suis donc revenu à l’ENAREF où j’ai terminé ma formation en 1995. A l’issue de cette formation, j’ai repris service au Ministère des finances, notamment à la Direction centrale du contrôle financier, j’ai aussi servi à la Direction des marchés publics.

En 1997, j’ai été nommé DAAF (Directeur des affaires administratives et financières) à l’inspection générale d’Etat et en 1998, j’ai été nommé comme DAAF au Ministère des ressources animales.

En 2000, démis de mes fonctions, je suis donc retourné au ministère des finances à la Direction générale de la coopération avant d’être proposé comme Directeur financier de l’hôpital pédiatrique Charles de Gaule qui venait d’être ouvert.

En 2003, je suis allé au contrôle interne du programme sectoriel des transports où j’ai fait deux ans. C’est au cours de ce mandat que j’ai été nommé directeur central du contrôle financier en 2005 et en 2009, j’ai été nommé inspecteur général des finances. Cette petite somme d’expérience a permis d’avoir la confiance des plus hautes autorités qui ont accepté de me confier la charge de la Cour des comptes en septembre 2011.

  1. Comment devient-on Président de la Cour des Comptes du BURKINA FASO sans être juriste ?

Je voudrais renvoyer vos lecteurs à la loi organique qui régit la Cour des comptes et qui prévoit que outre les magistrats, la cour comprend des fonctionnaires qui ont une certaine expérience en matière financière et surtout qui appartiennent aux emplois des inspecteurs des finances, des inspecteurs du trésor, des inspecteurs des impôts et c’est sur cette base que nous les financiers qui avons justement le diplôme d’ inspecteur ou administrateur des services financiers nous nous retrouvons à la cour des comptes comme Magistrats. Les textes disposent également que le fonctionnaire nommé à la cour des comptes à la qualité de Magistrat pour le mandat de cinq ans renouvelable une fois. A ce titre, nous sommes soumis au texte régissant le conseil supérieur de la magistrature, c’est pourquoi vous nous verrez aux cotés des magistrats à certaines cérémonies, sinon à la tenue du conseil supérieur de la magistrature qui est présidé par son Excellence le Président du Faso, Chef de l’Etat.

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Nous avons deux attributs essentiels : un juridictionnel et l’autre non-juridictionnel. La partie juridictionnelle est sanctionnée par des arrêts et celle non-juridictionnelle c’est-à-dire le contrôle de la gestion émet des rapports. A la Cour des comptes, la procédure est écrite, nous jugeons la gestion des comptables publiques autrement dit leurs écritures.

Nous avons aussi pour attribution de sanctionner les fautes de gestion qui ne sont pas qualifiées de crimes ou de délits au travers de la mise en place d’une formation, faute de chambre de discipline budgétaire, qui instruit le dossier sur la base du rapport de contrôle de gestion. Précisons que nos audiences ne sont pas publiques, ce qui rend nos activités moins visibles. C ‘est à partir de 2013 que nous avons commencé à instruire les dossiers, il y a actuellement trois dossiers en cours de jugement. En principe, on devrait avoir nos premiers arrêts d’ici mars ou avril au plus tard.

  1. Quels sont vos projets pour l’Institution ?

Notre objectif est de faire de la cour des comptes une juridiction supérieure de contrôle des finances, gage de bonne gouvernance et dont les rapports et les arrêts sont conformes aux normes et standards internationaux étant donné que nous appartenons comme toutes les institutions supérieures de contrôle des finances ou les bureaux d’audit, comme ça se dit en milieu anglophone, à des organisations. Partant, Nous travaillons à harmoniser nos méthodes et procédures de travail.

C’est d’obtenir aussi des autorités, une relecture de notre loi organique qui nous permettrait d’être plus efficaces avec la mise en place d’une chambre de discipline budgétaire.

Ensuite, c’est de doter le personnel d’un statut pour le motiver à y faire carrière et enfin surtout de prévoir dans cette loi organique des chambres régionales afin de garantir la sauvegarde des biens publics et du patrimoine de l’Etat, et ainsi contribuer fortement à la bonne gouvernance dans notre pays.

 

  1. Mot de fin.

Je vous remercie pour cette opportunité que vous donnez aux uns et aux autres de connaitre la Cour des comptes, parce que nous sommes une juridiction que beaucoup de gens ne connaissent pas, ils pensent que la cour a pour mission d’envoyer tous les détourneurs de fonds en prison. Je dirai non, la cour des comptes est une juridiction spécifique, elle est avant tout un outil de conseil à la disposition du parlement, du gouvernement et de tous les citoyens. Nos sanctions ne sont que pécuniaires, nous ne pouvons qu’infliger des amendes et moi j’ai toujours dit que la Cour n’envoie pas quelqu’un en prison c’est plutôt votre gestion, votre passé qui vous rattrape et vous condamne. Je lance un appel à tous les gestionnaires publics que nous sommes à leur disposition pour des appui- conseils tout comme nous sommes là pour assister le parlement dans le contrôle de l’exécution des lois de finances et accompagner le gouvernement dans l’exécution de ses missions de gouvernance financière.

 

 

INTERVIEW DU DIRECTEUR-ADJOINT DE L’UFR/SJP DE L’UNIVERSITE OUAGA2

 

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« Je sais que je suis jeune, je n’ai pas voulu refuser, je pensais que je pouvais contribuer au développement de l’université. Je pense donc pouvoir assumer avec dévouement cette responsabilité » Tels sont les mots de notre jeune et brillant professeur. Son dynamisme et son engagement, reconnus par ses pairs, ont fini par lui valoir le poste de Directeur-adjoint de l’UFR/SJP de l’Université OUAGA2. L’excellence de son parcours scolaire et académique en fait un homme plein d’ambitions pour son UFR et partant de l’Université OUAGA2.

  1. Parlez-nous de votre parcours scolaire et universitaire ?

Je suis le Docteur Dié Léon KASSABO, présentement Directeur-adjoint de l’Unité de Formation et de Recherche en Sciences Juridique et Politique (l’UFR/SJP) de l’Université OUAGA2.
J’ai fait mes études primaires et secondaires à Abengourou en côte d’ivoire.
Après donc le bac en 1999, je me suis inscris à l’université de OUAGADOUGOU. De 1999 à 2004, j’ai pu terminer la maitrise en quatre ans et juste après, je me suis inscris en DEA (Diplôme d’études approfondies) à l’université ici. Pendant mon DEA, j’ai pu bénéficier de quelques voyages de recherche notamment en Italie où j’ai pu rédiger mon mémoire.
Juste après le DEA, j’ai obtenu une bourse pour la Thèse de doctorat que j’ai commencé en 2007 et bouclé le 27 janvier 2010, date de ma soutenance.
A mon retour au pays, j’ai introduit un dossier de recrutement à l’université et le recrutement a été effectif le 2 aout 2010. J’ai donc commencé à enseigner à l’UFR/SJP, d’abord en tant que chargé de travaux dirigés, ensuite titularisé pour le cours de relations internationales en quatrième année option publique.
Aujourd’hui, les autorités m’ont fait confiance et m’ont confié cette responsabilité, je profite de l’occasion que vous m’offrez de m’exprimer de dire merci au Docteur Edouard OUEDRAOGO (Directeur de l’UFR/SJP), mais également au Président de l’Université OUAGA2 Stanislas OUARO et à l’ensemble des collègues ainsi qu’aux autorités de l’enseignement.
2. Votre désignation en tant que Directeur-adjoint s’est faite tôt relativement à votre jeune carrière, comment devient-on Directeur-adjoint sitôt ?

C’est vrai, c’est assez tôt, mais comme on le dit : « aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ». Ça ne dépend pas de moi, on ne se proclame pas directeur. En général, le mode de désignation du directeur et du directeur-adjoint se fait par candidature, c’est à dire par élection. C’est sur la base de cette liste que l’élection est faite. Mais malheureusement à l’UFR/SJP, on a jamais pu organiser des élections faute de candidature, cela dénote que c’est un sacerdoce, un sacrifice.
Néanmoins, j’ai été contacté par le Directeur afin de former ensemble l’équipe dirigeante et sa proposition a recueilli l’assentiment des autorités universitaires, c’est de cette manière que je suis devenu Directeur-adjoint de l’UFR/SJP, je lui suis reconnaissant.
Je sais que je suis jeune, je n’ai pas voulu refuser, je pensais que je pouvais contribuer au développement de l’université. Je pense donc pouvoir assumer avec dévouement cette responsabilité.

  1. Vous êtes jeune Professeur, quel regard avez-vous sur la qualité de l’enseignement à l’UFR/SJP ?

Je pense que la qualité de l’enseignement ne souffre d’aucun doute.
Je reconnais que de plus en plus le niveau baisse, mais cela n’est pas dû à la qualité de l’enseignement, c’est l’ensemble du système éducatif qu’il faut revoir. Le système PDEB (Programme de Développement de l’Éducation de Base) en cour, sans le dénoncer, comporte des failles et contribue à nous amener des étudiants relativement moyens.
La qualité de l’enseignement n’a pas changé, ce sont les mêmes professeurs qui sont là depuis la création de l’école supérieure de Droit à l’UFR /SJP aujourd’hui.
Si l’encadrement pose problème, cela peut être dû au nombre, avec un petit groupe, on a le temps de mieux expliquer. Par contre, Avec un nombre pléthorique d’étudiant, tous ne peuvent pas poser leurs questions et cela peut jouer quelque peu. Néanmoins, la qualité de l’enseignement n’a pas changé, car les enseignants n’ont pas changé leurs méthodes d’enseigner. C’est un ensemble de facteurs qui explique ce taux d’échec.
Directeur-adjoint de l'UFR/SJP

  1. Faut-il apporter des reformes ?

Les réformes sont nécessaires, surtout lorsqu’on constate que les choses ne fonctionnent pas bien.
Je pense que nous sommes dans cette dynamique. On n’attend pas un moment donné pour reformer, lorsque nous constatons que telle ou telle chose peut être améliorée, automatiquement nous prenons des initiatives.
L’année passée, lorsque nous avons constaté qu’il y avait énormément de difficultés dans l’encadrement des travaux dirigés, nous avons tenu un atelier de trois jours à Kombissiri pour voir comment améliorer le niveau des travaux dirigés. Cette année encore, nous allons aller faire le bilan de cet atelier et dégager les perspectives.
C’est donc dire que chaque fois que nous aurons la possibilité, on procèdera à des améliorations, toujours en tenant comptes de l’intérêt bien entendu des étudiants.
Je suis parfaitement d’accord avec eux quand ils se plaignent des corrections, mais comprenez qu’un enseignant qui a trois milles copies à corriger dans un délai record, il peut y avoir quelques erreurs ou quelques ratés. Toutefois, l’administration a toujours rattrapé ces erreurs, c’est pourquoi à chaque fois qu’il est remis des copies aux étudiants, ils ont soixante-douze heures pour introduire des réclamations, cela permet à l’enseignant de revenir sur un certains nombres de choses.
En outre, l’enseignant ne corrige pas tout seul, les copies, il est aidé dans cette tâche par des correcteurs d’un niveau au moins égal au master2. Ce sont des personnes qui peuvent être recrutées à l’université pour être des enseignants à temps plein (ETP), parce que maintenant le recrutement pour assurer les travaux dirigés est le niveau DEA, pour dire qu’on ne prend pas n’importe qui pour corriger les copies. De ce fait, une réclamation pour « recorrection » ne tient pas, mais quand c’est une erreur de sommation on remet l’étudiant dans ses droits, il n’y a pas une volonté de nuire aux étudiants, ce sont des appréhensions.

  1. Pensez-vous que la relève est-elle assurée au regard du vieillissement du corps professoral ?
    Je pense qu’aujourd’hui nous sommes dans cette dynamique et d’ailleurs le gouvernement a compris, ce qui fait que chaque année pour l’ensemble des universités du BURKINA, il y a cent personnes qui sont recrutées. Depuis mon retour ou même avant, l’UFR/SJP a bénéficié de quatre à cinq postes par an et aujourd’hui on a suffisamment d’assistants, également des ETP c’est-à-dire des doctorants.
    On est donc dans une dynamique de renouvèlement, seulement le métier d’enseignant-chercheur n’est pas très attrayant eu égard aux conditions salariales et de travail à l’université, ce qui fait qu’on n’arrive pas toujours à avoir le nombre souhaité d’enseignant.
  2. Depuis sa création, vous avez assuré le suivi technique du journal, nous vous en remercions. votre opinion sur notre décision de quitter le papier pour la publication en ligne ?

Je vous remercie aussi d’avoir pensé à moi, vous êtes venu vers moi alors qu’il y a beaucoup d’enseignants, c’est avec beaucoup de plaisir que j’essaie de vous accompagner comme je peux.

Je pense que c’est normal, Le passage au numérique s’impose aujourd’hui au regard des technologies de l’information et de la communication, c’est plus facile pour une personne d’aller sur le net pour rechercher l’information. Vous vous inscrivez en droite ligne avec le contexte actuel et si vous ne l’aviez pas fait encore, il fallait le faire. Cela amoindrit le coût des tirages et autres. Il suffit de faire la promotion de votre site afin qu’il soit visité. Aujourd’hui la plupart des journaux sont en lignes et d’ailleurs c’est une très bonne dynamique qu’il faut encourager, donc vous êtes sur la bonne voie.

  1. Votre dernier mot ?
    Je voudrais vous dire merci de m’avoir accordé cette interview et je profite de l’occasion pour souhaiter mes vœux aux autorités de l’université et à l’ensemble de la communauté universitaire y compris bien sûr les étudiants, mais également à votre journal qui a toujours placé en moi sa confiance.
    Nous sommes en délibération, je souhaite plein succès aux étudiants : ce qui réussiront, félicitation!
    Ceux qui n’auront pas réussi, ce n’est pas la fin du monde, ils peuvent rebondir, il n’y a pas d’inquiétude.
    Je remercie particulièrement l’ensemble des étudiants qui nous font confiance tous les jours et nous accompagne.
    Je remercie également le Directeur de l’UFR qui a placé sa confiance en moi, le Président de l’Université OUAGA2, l’ensemble des collègues ainsi que les autorités universitaires

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