La maîtresse peut-elle, elle aussi, prétendre à la succession de son amant défunt ?

AfricaineLorsqu’une personne décède, et surtout si cette personne était nantie ou riche, et a laissé un héritage consistant, il est déplorable de le dire mais un certain nombre de questions taraudent les membres de la famille, les connaissances aussi bien proches qu’éloignées du défunt : Comment allons-nous partager les biens ? Pourrais-je avoir une part dans l’héritage ?

De telles interrogations sont légitimes mais sont le plus souvent à l’origine de la division de nombreuses familles. Au nombre des personnes qui espèrent avoir une part dans l’héritage du défunt se trouve la ou les maitresses de ce dernier. Cependant une maitresse peut-elle prétendre à une part de l’héritage de son amant avec lequel elle a vécu une longue liaison ? Le présent article s’en tiendra à l’hypothèse où celle-ci n’aurait pas eu d’enfant avec son amant.

Aux termes de l’article 723 du Code des Personnes et de la Famille du Burkina Faso, les personnes qui peuvent succéder au défunt sont les enfants et descendants, les ascendants (père et mère), les parents collatéraux (oncle, tante, cousins, cousines, neveux, nièces) et le conjoint survivant du défunt.

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On voit bien que les personnes avec lesquelles le défunt a entretenu des rapports extra-conjugaux (maitresses) ne figurent pas parmi les successibles. Cela se comprend aisément dans la mesure où la maitresse n’a aucun statut aux yeux de la loi. Par conséquent, elle ne saurait s’attendre légitimement à une part de l’héritage de son défunt amant.

La seule hypothèse dans laquelle une maitresse pourrait hériter d’un bien du défunt, est celle où celui-ci aurait laissé un testament dans lequel il consent à donner tel ou tel bien à sa maitresse en raison du fait que cette dernière aurait partagé une partie de sa vie à ses côtés mais aussi pour bien d’autres raisons connues du défunt seul.

En définitive, la maitresse n’a pas en principe le droit d’hériter de son amant qui décède sauf si un testament laissé par celui-ci le prévoit clairement.

 

ABDOUL-RACHIDI TAPSOBA

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